Quand l’arrêt tombe pour épuisement professionnel, on imagine souvent un soulagement.
Enfin du repos.
Enfin une pause.
La réalité est souvent tout autre.
Les personnes que j’accompagne me partagent toutes la même chose.
L’incompréhension.
La culpabilité.
Le mental qui tourne en boucle.
“Je n’ai plus la force de retourner au travail…
mais je ne peux pas laisser tomber mes collègues.”
“On compte sur moi.”
“Je ne peux pas être payé.e à ne rien faire.”
Le corps dit stop.
Mais la tête refuse d’arrêter.
Et puis il y a le paradoxe.
Depuis l’arrêt, ça ne va pas mieux.
Parfois, c’est même pire.
Le vide.
Le silence.
L’angoisse de ne pas savoir quand on ira mieux.
Ni si on pourra revenir “comme avant”.
Retourner au travail maintenant fait peur.
Ne pas y retourner fait culpabiliser.
On se sent piégé.e.
À la maison, on tourne en rond.
Tout fatigue.
On n’a envie de rien, sauf dormir.
Et la culpabilité s’étend envers la famille, les enfants, le couple.
Que répondre à la question : qu’as-tu fait aujourd’hui ?
On se force à faire bonne figure.
Mais on voit bien qu’ils ne comprennent pas.
Et, au fond, nous non plus.
Alors on se tait.
On a du mal à en parler.
On se sent vidé.e.
Inutile.
Angoissé.e.
On vit dans une espèce de no man’s land.
Ni bien au travail.
Ni bien chez soi.
“Un légume sur un canapé.”
C’est souvent l’expression qui sort.
Avec honte.
Parce que ce n’est pas “moi”.
Je suis une personne qui assure toujours.
Celle qui ne se plaint jamais.
Celle sur qui on peut compter.
Celle qui y arrive toujours.
On ne se reconnaît plus.
On a honte.
On s’en veut.
Et les questions tournent en boucle :
Que vont penser les autres ?
Quand irai-je mieux ?
Que dois-je dire ?
Que dois-je faire ?
Dans ces premiers jours voire semaines d’arrêt, on se sent souvent seul.e avec tout ça.
Et pourtant, c’est précisément là que l’écoute et le soutien font toute la différence.
Mettre des mots.
Mettre du sens.
Comprendre ce qui se joue.
Avancer pas à pas, sans pression.
Parce que non, vous n’êtes pas paresseux-se.
Non, vous n’êtes pas faible.
Et non, vous n’êtes pas fichu.e
Vous êtes en train de récupérer d’une dette immense.
Et cela prend du temps.
C’est un passage,
Pas facile,
Mais nécessaire
Pour se retrouver.
Dans le cadre d’un épuisement professionnel, n’hésitez pas à demander du soutien à un.e psychologue du travail pour traverser cette épreuve.
Je suis à votre disposition si besoin.
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